Bienvenue sur votre rubrique du début de semaine qui retrace votre week-end foot en neuf points. Entre débuts difficiles pour Habib Beye et un Konaté qui craque, voici le premier numéro de Temps Additionnel.
L’artiste : Eberechi Eze, bête noire des Spurs
Il est décidément la bête noire des Spurs cette saison. Eberechi Eze, auteur de six buts cette saison, les as quasiment tous inscrits contre le même adversaire : Tottenham. Triple buteur à l’aller, l’international anglais a récidivé ce dimanche en marquant par deux fois pour la large victoire des Gunners dans le derby londonien (1-4). D’abord à l’origine d’un bon pressing lui permettant d’être à la conclusion acrobatique du premier but d’Arsenal, l’ancien de Crystal Palace a ensuite donné un avantage plus confortable à son équipe en reprenant un ballon dévié par Vicario. Il égale les légendes Thierry Henry et Robin Van Persie au nombre de buts inscrits dans le North London Derby. Mention spéciale à Viktor Gyökeres, qu’on croyait confondre ses crampons avec des Timberland depuis son arrivée chez les canonniers, qui a lui aussi signé un joli doublé dans ce match.
Le peintre : Habib Beye, des débuts douteux
Après avoir voulu dépouiller le Stade Rennais en réclamant le versement de son salaire des deux prochaines saisons, un pourcentage sur les reventes hivernales onéreuses du club (départ de Jacquet à Liverpool et Meïté à Al-Hilal), et peut-être une Audi GT3 RS qui sait, Habib Beye a connu son premier match sur le banc marseillais vendredi soir, à Brest.
Une performance dont pas grand monde ne se souviendra côté olympien, où la crise persiste en ce mois de février. Après une élimination burlesque en Ligue des Champions, le départ de Roberto De Zerbi et une direction qui change tous les quarts d’heure, Habib Beye mettait en avant l’avantage d’un “vent de fraîcheur” avant le match à Francis le Blé. Un vent de fraîcheur qui aura liquéfié la défense marseillaise face à Ludovic Ajorque, dominant de la tête par deux fois les Phocéens pour inscrire ses 4e et 5e buts de la saison.
Et comme si la période n’était pas assez difficile comme ça, la valeure (jusqu’ici) sûre de l’OM Mason Greenwood n’a pas transformé son pénalty, butant sur un Grégory Coudert en feu. L’Olympique de Marseille enchaîne ainsi une quatrième défaite de rang en Ligue 1 et pourrait se faire rejoindre le week-end prochain en cas de défaite, et de victoire de Lille et Rennes dans le même temps.
Peut-être est-il dur de couronner Habib Beye de peintre de la semaine étant donné du peu de temps de préparation qu’il a eu, mais pour sa grande classe lors de son départ de Bretagne et la performance marseillaise globalement insuffisante, il était difficile de passer à côté. De plus que les changements tactiques opérés par celui-ci n’ont pas révolutionner le visage de son équipe en deuxième mi-temps, bien qu’elle ait plus tenue le ballon.Désormais, cap sur Marbella pour le collectif olympien pour un stage de cinq jours, avant un Olympico qui s’annonce bouillant dimanche soir.
La bonne opération : Le Barça reprend son trône
Ayant assisté à la déroute madrilène samedi après-midi sur la pelouse d’Osasuna (2-1), les Catalans n’ont pas tremblé pour récupérer leur première place dimanche, face à Levante. Tristement battu dans le derby lundi dernier (2-1 contre Gérone), les coéquipiers de Lamine Yamal, auteur d’un pénalty manquant cruellement de calcium à Montilivi, n’ont pas tardé à mettre à terre les 19e de Liga par l’intermédiaire de Marc Bernal, dès la quatrième minute. Frenkie De Jong a ensuite assis la domination blaugrana peu après la demi-heure de jeu. Fermin, sur le banc au coup d’envoi, a définitivement enterré les espoirs de Levante, qui n’étaient déjà pas grands, sur un missile téléguidé dans la cage de l’ex-lensois Matthew Ryan. Le Barça de Flick affronte Villarreal, solide troisième tombeur de Valence dimanche soir (2-1) samedi après-midi pour le compte de la 26e journée de Liga, en espérant compter sur son trident offensif (Yamal, Lewandowski, Raphinha) muet hier. Le concurrent Merengue recevra lui la resplendissante équipe de Getafe.
La côte à 10 qui régale : Osasuna s’offre le Real Madrid
Bloqué dans le ventre mou de la Liga (10e avant la rencontre), Osasuna a mis fin à la série madrilène de 14 victoires de rang en championnat. Largement dominant tout au long du premier acte en multipliant les vagues sur une défense merengue qui n’a pas réussi à mettre un pied devant l’autre, les Rojillos ont logiquement pris l’avantage sur un pénalty transformé par le serial killer croate de Pampelune, Ante Budimir. Ce ne fut la même histoire en deuxième période lorsque Kylian Mbappé et les siens ont enfin décidé d'accélérer les choses. Vinicius a remis les compteurs à zéro à la 73e minute de jeu, à la suite d’une fabuleuse percée de Federico Valverde, lucide pour adresser un centre millimétré pour l’ailier brésilien. Alors qu’on pourrait penser Madrid revigoré de cette égalisation, ce sont les locaux qui ont, contre toute attente, repris le contrôle des événements. A la 90e minute, le poète madrilène Raul Asencio tacle dans la surface, il se fait humilier par Raul Garcia sur un bijou de crochet, et n’a plus qu’à finir entre les jambes de Thibaut Courtois. Avec cette victoire, Osasuna grapille une place au classement et enchaîne un sixième match sans défaite. Les joueurs de la capitale perdent eux leur première place, aux dépens du FC Barcelone.
Le crackito : O’Reilly le sauveur
Engagé dans une palpitante course aux titres avec Arsenal, Manchester City était dans l’obligation de battre Newcastle à l’Etihad Stadium pour revenir à quatre points de son concurrent, tout en comptant un match de retard. Les Skyblues s’en sont remis au jeune latéral anglais Nico O’Reilly, titularisé cette fois-ci sur le flanc gauche de l’attaque. Devenu indéboulonnable du système de Guardiola, notamment grâce à sa grande polyvalence, le jeune Cityzen s’est offert un doublé. D’habitude buteur, Erling Haaland s’est mué en passeur sur le premier but, où O’Reilly trompe un Nick Pope pas exempt de tout reproche. Rattrapés au score grâce au but, un peu chanceux, de Hall, le skyblue a ensuite délivré les siens d’une tête croisée. Nomination logique pour Nico O’Reilly, auteur d’un match complet, et d’une saison, au global, plus que satisfaisante.
La décla’ : Je ne sais pas ce que l’avenir me réserve. Il se pourrait qu’en décembre j’aie envie de prendre ma retraite. Je vis au jour le jour.” Neymar Jr
Toujours dans l’espoir de participer à une ultime Coupe du Monde aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique en juin prochain, Neymar Jr s’est confié au micro de la chaîne télévisée brésilien CazeTv en restant assez nébuleux sur son avenir. Revenu au pays après une aventure saoudienne quelque peu chaotique, l’idée d’un dernier mondial a bien sûr émergée lors de sa signature en janvier 2025. Sauf que depuis, l’ancien Parisien n’a participé qu’à 29 matches pour 11 buts. Revenu sur les terrains hier pour la défaite de son équipe face à Novorizontino en quart de finale de Paulista A1, le magicien brésilien a tout mis en oeuvre pour faire un retour digne de ce nom : “Bien sûr, je voulais revenir pour aider mon équipe, mais j’ai finalement préféré me ménager pour revenir à 100 %, sans douleur, sans peur et en pleine forme.”
Bien que considérant cette saison comme “cruciale pour Santos, mais aussi pour l’équipe nationale brésilienne et pour (lui) moi”, l’attaquant brésilien a évoqué la possibilité d’une fin de carrière au terme de l’année civile : “Il se pourrait qu’en décembre j’aie envie de prendre ma retraite”.
Pour rappel, Neymar n’a pas goûté à la Seleçao depuis octobre 2023 face à l’Uruguay. Malgré la volonté farouche d’une dernière danse américaine, difficile d’imaginer un Neymar Junior épargné par les blessures trois jours de suite.
Le banger : Ragnar Ache pour le bonbon du week-end
Servi sur un plateau par le jeune Saïd El Mala, l’attaquant de Cologne Ragnar Ache nous a régalé d’un ciseau parfaitement exécuté, faisant trembler les rangs du RheineEnergie Stadion.. Un but qui n’a toutefois pas permis à son équipe de prendre trois points face à la surprenante équipe d’Hoffenheim, troisième de Bundesliga et en course pour la prochaine Ligue des Champions. De son côté, Cologne se bat pour préserver sa place dans l’élite allemande. Actuellement douzième, le groupe dirigé par Lukas Kwasniock reste à quatre points de Wolfsbourg, première formation non-relégable.
C’est dans la boîte : Konaté, le grand gymnaste
Équilibre, légèreté et esthétisme, tout y était dans la belle roue réalisée par… Ibrahima Konaté ! L’international français n’a pas pu retenir sa joie au moment où son coéquipier argentin Alexis Mac Allister a délivré les Reds dans les dernières minutes, et nous a calé une petite roue des familles au milieu du City Ground. Image cocasse qui en dit long sur le succès difficile acquis à Nottingham, remplissant de bonheur le cœur de notre frenchie. Liverpool égale ainsi Chelsea au classement, qui n’a pu faire mieux qu’un match nul contre Burnley (1-1), ainsi que Manchester United, tombeur d’Everton lundi soir dans un déplacement périlleux.
L’info WTF : Sheffield Wednesday déjà relégué en League One
Le club de Sheffield Wednesday, pensionnaire de Championship (deuxième division anglaise) a battu le triste record d’être relégué à treize journées du terme du championnat, première fois pour un club professionnel en Angleterre. Une relégation précoce causée par un retrait de 18 points à l’aube de l’exercice 2025-2026 faisant suite à des défauts de paiement du club. Dans un contexte économique difficile pour le club, actuellement en vente, de nombreux cadres de l’équipe sont partis, laissant place à un effectif trop juste pour espérer rattraper ce retard. Ce week-end marquait la dernière chance pour les Owls de retarder l’échéance face à son rival historique de Sheffield United (15e). Défait 2 buts à 1, leur descente est belle et bien actée. Englué à la dernière place avec -7 points et à 41 longueurs du premier non-relégable, le club se contentera de jouer des matches pour le plaisir jusqu’à la fin du championnat, début mai.
Rédigé par Esteban Suarez.