Vendredi 6 mars, le circuit de Melbourne donnera le feu vert à la nouvelle saison de Formule 1. La grille réunira les 22 pilotes et marquera le premier départ d’Audi et de Cadillac en F1.
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| Photo de: Mark Sutton / Formula 1 via Getty Images |
Même si les essais d’avant-saison ont permis à chaque écurie d’avoir une idée plus précise des performances de leurs monoplaces, ce premier Grand Prix permettra de se situer face aux concurrents. Charles Leclerc l’avait bien résumé en février dernier : « Tout le monde cache son jeu ».
Cette saison apparaît plus que jamais incertaine, car la discipline reine du sport automobile connaît l’un des plus gros bouleversements de son histoire, avec des changements majeurs sur le moteur, le châssis, l’aérodynamique, les pneus et le carburant.
Un aérodynamisme complètement repensé
L’aérodynamique est sans doute le changement le plus spectaculaire. Fini le DRS : place aux ailerons mobiles. À l’avant comme à l’arrière, les ailerons pourront bouger et adopter des configurations différentes selon le tracé.
Chaque monoplace comportera deux grands modes aérodynamiques :
- Mode virage : plus d’appuis, plus de grip, les ailerons se ferment pour une voiture plus stable.
- Mode ligne droite : les ailerons s’ouvrent pour augmenter la vitesse de pointe. Cet outil remplace le DRS et est désormais permanent, disponible sur tout le circuit.
L’aéro active devient une composante essentielle du pilotage, modifiant radicalement la manière de conduire en F1.
Des moteurs hybrides
Les moteurs V6 turbo-hybrides de 1,6 litre sont conservés, mais doivent désormais tirer 50 % de leur puissance du moteur thermique et 50 % de la batterie électrique, un pas vers la neutralité carbone d’ici 2030.
Mais quelques mois seulement après les premiers tests, une polémique a secoué le paddock : Mercedes aurait trouvé une faille dans le règlement. Le taux de compression maximal est fixé à 16:1, mais le moteur Mercedes pourrait atteindre 18:1 à chaud tout en respectant la limite à froid.
Les contrôles officiels étant effectués à froid, le moteur n’est pas illégal. Mais dans les faits, cela pourrait fournir un surplus d’environ 10 chevaux, donnant un avantage notable à Mercedes et aux écuries qu’elle motorise (McLaren, Williams, Alpine).
Un compromis a été voté : à partir du 1er juin, le taux de compression sera mesuré à froid et à chaud, rendant l’actuel moteur Mercedes incompatible avec la réglementation.
Deux nouveaux boutons : Boost et Dépassement
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| Image : Capture d'écran Youtube @Formula1 |
Deux nouveaux boutons font leur apparition sur le volant :
- Le bouton dépassement succède au DRS. Il ne peut être activé que si la monoplace se trouve à moins d’une seconde de celle devant et dans certaines zones du circuit. Il fournit un supplément d’énergie électrique pour aider au dépassement.
- Le bouton Boost est une véritable révolution : utilisable n’importe où sur le circuit, il libère toute la puissance maximale disponible pour attaquer ou défendre une position. Mais attention : il consomme une partie de la batterie, ce qui peut réduire la puissance disponible ensuite. La recharge se fait soit en freinant (récupération d’énergie), soit en roulant normalement. C’est un choix stratégique : quand et combien de temps utiliser son énergie est crucial.
Une nouvelle façon de piloter
Cette réglementation bouleverse complètement le pilotage. Les pilotes pratiquent désormais le “lift-and-coast” : lever le pied avant une zone de freinage pour recharger efficacement la batterie.
Durant les essais hivernaux, nombreux sont ceux qui ont adopté cette technique. Max Verstappen a d’ailleurs pointé du doigt ces nouvelles monoplaces, estimant que ce style de conduite rend la F1 moins amusante et moins spectaculaire que par le passé, notamment parce que la gestion de l’énergie prend une place centrale dans la stratégie de course.
Des F1 moins grosses
Les monoplaces version 2026 pèsent 30kg de moins et ont aussi perdu 20 centimètres en longueur et 10cm en largeur, de quoi les rendre plus maniable en phase de dépassement. Les pneus avant ont également rétréci de 25 millimètres et les pneus arrières de 30mm.
A quoi peut-on s'attendre à Melbourne ?
Malgré la nouvelle réglementation, la hiérarchie ne devrait pas être chamboulée : Mercedes, McLaren, Ferrari et Red Bull joueront une nouvelle fois les premiers rôles. Ils seront suivis par Alpine, Williams, Haas et Racing Bulls au milieu de la grille.
Pour Alpine, qui a sacrifié l’année dernière afin de développer sa voiture pendant plus d’un an, on peut espérer une vraie progression. Mais pour l’instant, rien ne laisse présager que la monoplace soit prête à rivaliser avec les leaders… il faudra attendre Melbourne pour se faire une idée.
Enfin, Aston Martin, accompagnée des deux équipes rookies Cadillac et Audi, devrait compléter le fond de la grille.


