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Retour de la Ligue des champions au Vélodrome : La soirée parfaite ?

Mardi trente septembre, 20h55, Orange Vélodrome.

Les lumières du stade s’éteignent et l’hymne de la Ligue des champions retentit dans le volcan marseillais. Nous y sommes, trois ans après le traumatisme de Tottenham. L’Olympique de Marseille s’apprête à disputer un match de la plus prestigieuse des compétitions dans son stade, devant ses supporters. Les virages d’ultras se sont surpassés et présentent aux caméras de toute l’Europe des tifos aussi magnifiques qu’inventifs. Le virage Nord opte pour un double tifo « Forza » et « OM » qui s’alternent, tandis que le virage Sud déploie une reproduction du tacle de Jules Zvunka sur Johan Cruyff lors du huitième de finale aller de l’édition mil neuf cent soixante et onze – soixante-douze de C1. Toutes les conditions sont réunies pour que l’OM brille à nouveau dans cette compétition où il a tant déçu ces dernières années.

Crédit : Alexis Debart 

Deux semaines plus tôt, les Olympiens avaient débuté leur phase de championnat à Madrid. Les hommes de Roberto De Zerbi avaient fait forte impression après une rapide ouverture du score et un match plein d’engagement et de courage. La victoire leur avait filé entre les doigts à cause d’un penalty discutable à la quatre-vingt-unième minute. Depuis cette rencontre, c’est un tout autre OM qui a lancé sa saison. Cinq jours après Madrid, les Marseillais se sont imposés dans le Classique pour la première fois au Vélodrome en Ligue 1 depuis quatorze ans. S’en est suivi un déplacement périlleux à Strasbourg, match qui verra encore les Marseillais s’imposer en fin de rencontre. C’est dans ce contexte de renouveau que les Phocéens reçoivent l’Ajax pour une soirée qui promet d’être forte en émotions.


Sources : l’internaute 

Dans les heures qui précèdent le match, les Marseillais sont, à leur habitude, très confiants quant à l’issue de la partie. Assis en terrasse aux abords de l’Orange Vélodrome, les pronostics des supporters sont unanimes : l’OM va gagner avec de la marge. Trois-un, deux-zéro, trois-zéro… autant de scores annoncés, tous en faveur de l’Olympique de Marseille. Un supporter euphorique annonce même au micro de l’écran retransmis dans le stade un quatre-zéro. L’assurance apparente des habitants de la cité phocéenne est divertissante, mais certains n’ont pas oublié l’historique du club en Ligue des champions ces dernières années. Depuis deux mille treize, l’OM en LDC, c’est trois victoires pour quinze défaites. Il y a trois ans, dans ce même stade, un certain Pierre-Emile Højbjerg crucifiait les Olympiens d’une frappe à la quatre-vingt-seizième minute, les éliminant de la Ligue des champions. Une plaie toujours ouverte chez certains supporters qu’il est temps de faire cicatriser.


Crédit : Jules Labrosse 

Depuis deux mille vingt-quatre, Pierre-Emile Højbjerg est un joueur de l’Olympique de Marseille. Titulaire face à Madrid, Paris et Strasbourg, il est tout naturellement attendu au poste de milieu de terrain face à Amsterdam. Mais aux alentours de 20h, la composition d’équipe tombe, et Roberto De Zerbi surprend encore une fois le peuple marseillais. Arthur Vermeeren, milieu belge de vingt ans arrivé cet été en provenance de Leipzig, est titulaire dans l’entrejeu marseillais. On retrouve aussi dans la composition Bilal Nadir, auteur de bonnes rentrées cette saison, comme face au Paris FC. Ces deux arrivées dans le onze de départ se font au profit de Pierre-Emile Højbjerg et de Timothy Weah, buteur face à Madrid deux semaines plus tôt. Pour le reste de la composition, c’est du plus ou moins classique : Rulli dans les cages ; Medina, Aguerd, Pavard et Emerson forment la ligne défensive ; Matt O’Riley vient compléter les deux surprises du soir dans l’entrejeu. L’attaque marseillaise est composée d’hommes d’expérience qui totalisent à eux trois soixante-et-onze matchs disputés en LDC : Igor Paixão, dix-neuf matchs pour dix buts/passes décisives ; Mason Greenwood, douze matchs pour sept G/A ; et surtout Pierre-Emerick Aubameyang, quarante matchs pour vingt-quatre G/A.

Crédit : Jules Labrosse 

1’ Coup d’envoi donné par Kenneth Taylor (Ajax). Les quelque soixante-six mille supporters marseillais ont répondu présents : c’est maintenant aux joueurs d’être à la hauteur de l’événement.

6’ Après une séquence de possession amstellodamoise, Nayef Aguerd (OM) relance dans l’axe sur Pierre-Emerick Aubameyang (OM) qui dévie en une touche pour Igor Paixão (OM) dans la profondeur. Le Brésilien part seul au but et ne manque pas son face-à-face avec Jaros (Ajax). Un-zéro pour Marseille : le Vélodrome explose.

12’ Klaassen (Ajax) cherche à relancer dans l’axe, mais il est intercepté par Paixão qui, plein de confiance, arme son pied droit et déclenche une frappe à vingt-deux mètres. Le missile du numéro quatorze finit encore une fois au fond des filets. La scène est surréaliste : en douze minutes, Igor Paixão a fait taire toutes les critiques concernant la légitimité des trente-cinq millions que Marseille a dépensés pour s’offrir ses services.

26’ L’Ajax perd encore le ballon dans ses trente-cinq mètres. Il n’en faut pas plus à Pierre-Emerick Aubameyang et Mason Greenwood pour se trouver et faire la passe de trois. Il n’y a plus de superlatifs pour décrire ce qu’un fan de l’OM peut ressentir à ce moment-là. Après tant de souffrances, le peuple bleu et blanc peut enfin exulter.

52’ Depuis le retour des vestiaires, les Olympiens subissent plus qu’ils ne dominent. Après un coup franc raté, Arthur Vermeeren part en contre-attaque et trouve Paixão qui, pour conclure cette soirée de légende, délivre une ultime passe décisive pour celui qui sera élu homme du match : Pierre-Emerick Aubameyang.


Crédit : Jules labrosse 

90’ Score final : 4-0. L’OM n’avait plus gagné d’une telle marge dans son stade en Ligue des champions depuis plus de quinze ans.


À la sortie du stade, l’ambiance est à la fête. Plus que la victoire, c’est l’espoir d’une saison pleine et réussie qui dessine des sourires sur les visages marseillais. Il ne faut pas se leurrer : cet Ajax était sûrement le plus faible des dix dernières années, mais Marseille a gagné aujourd’hui comme un patron et comme un sérieux prétendant au Top vingt-quatre (synonyme de qualification en phase finale).


Crédit : Jules Labrosse 


Les tops sont nombreux : Aubameyang, Greenwood ou encore Rulli ont assumé leur rôle de patrons et de joueurs d’expérience. Paixão a brillé par des coups d’éclat offensifs qui laissent envisager un avenir radieux dans la cité phocéenne. Mais s’il y en a bien un qui a été adopté à raison par l’ensemble du Vélodrome, c’est Arthur Vermeeren. Il a livré une performance de haut vol, présent dans tous les bons coups, et il est sorti sous les applaudissements du public.

Enfin, celui qui a tout gagné ce soir-là, c’est sans aucun doute Roberto De Zerbi : lui qui a fait un choix, il y a deux ans, en quittant l’Angleterre pour un projet sans Europe et sans certitudes. 


Jules LABROSSE