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ATP Radar #5 ( Partie 1 ) Sinner intouchable, Medvedev de retour parmi les grands

Indian Wells a rendu son verdict. Jannik Sinner boucle le tableau des Masters 1000 sur dur en s'offrant le seul titre qui lui manquait encore, au terme d'une finale de haute volée face à un Daniil Medvedev retrouvé, stratosphérique pendant toute la quinzaine. Pendant ce temps, Arthur Fils confirme son statut de meilleur Français du circuit… tout en rappelant qu'il lui reste encore un palier à franchir face à l'élite. Retour sur une deuxième semaine californienne riche en enseignements, avec en bonus les cinq infos que vous avez peut-être manquées.

crédits : the guardian


Sinner /  Medvedev : l'art du tie-break

14h30, court central d'Indian Wells. Jannik Sinner et Daniil Medvedev s'apprêtent à fouler le Stadium 1 pour ce qui sera la 10ème finale en Masters 1000 de l'Italien, et la 11ème du Russe. Medvedev possède un bilan légèrement supérieur à ce stade, avec 6 victoires contre 5 victoires en 9 finales pour Sinner. Mais si le Moscovite fait figure d'habitué sur le papier, il n'avait plus atteint ce stade depuis Indian Wells 2024, quand Sinner, lui, entre en court en patron du circuit, fort de son sacre à Bercy en novembre dernier.

Le match est lancé, 38 degrés ressentis sur le court central, mais la chaleur sèche du désert californien reste bien plus supportable que l'humidité étouffante de Miami ou de Shanghai. Dans ces conditions, les deux hommes entrent dans le vif du sujet sans trembler : les jeux de service s'enchaînent, solides, fermés, sans la moindre fissure. Jusqu'à 3-3, personne n'entrevoit l'ombre d'une opportunité de break. C'est sur ce quatrième jeu de service de Medvedev que la seule et unique occasion de la partie va se présenter. Sinner se procure deux balles de break  les deux seules de tout le match  mais ne parvient pas à les convertir. Qu'importe : l'Italien reprend sa marche en avant, imperturbable, pratiquant un tennis quasi irréprochable, et ne concédant que 7 points derrière sa première balle en six jeux de service, il pousse le russe dans un jeu décisif irrespirable. 

Après 9 points joué dans le tie-break, toujours aucun mini-break, sur le dixième point, daniil prend l’avantage dans le point et décide de monter à la volée, un schéma de jeux qu’il a tenté d’ajouter à sa palette durant toute la semaine. Alors qu’il s'apprête à frapper une volé qui lui permettra de s'offrir deux balles de sets, il laisse passer la balle en la jugeant dehors mais celle-ci a accroché la balle. Il n’en fallait pas plus pour jannik sinner qui a saisit l’opportunité et conclut cette première manche en 55 minutes 

On pensait alors que l'Italien avait fait le plus dur, mais Medvedev n'a jamais lâché, continuant de pratiquer un tennis quasi parfait : de la longueur, de l'engagement, des frappes agressives et une superbe qualité de première balle. Les deux hommes ne sont donc pas parvenus à se départager,  aucune balle de break dans la deuxième manche, place à un nouveau jeu décisif. C'est Daniil qui prend l'avantage dans le tie-break en menant 4-0. Mais c'est dans les grands moments qu'on reconnaît les grands joueurs, et Jannik l'a confirmé ce soir-là en élevant encore davantage son niveau de jeu, concluant ce deuxième set sur un retour gagnant express.




Et de 6. Jannik Sinner vient de boucler le tableau des Masters 1000 sur dur de la saison en s'offrant le seul qui lui manquait encore : Indian Wells. Hier, l'Italien a dominé Daniil Medvedev (7/6 7/6) en finale de la 39ème édition du BNP Paribas Open pour inscrire un sixième titre de prestige sur cette surface. Une victoire qui tombe à pic pour le numéro 2 mondial. Privé de points à défendre jusqu'à Rome en raison de sa suspension pour dopage en 2025, Sinner profite de cette fenêtre idéale pour engranger et se rapprocher dangereusement de Carlos Alcaraz au classement. 

Medvedev : le retour du fantôme

crédits : al Jazeera 


Au-delà de la finale, la quinzaine du Russe est tout simplement stratosphérique. L'ex-numéro 1 mondial a poursuivi sur sa lancée de Dubaï et a rappelé à tout le monde qu'il figurait parmi les meilleurs joueurs du circuit. Le vainqueur en Grand Chelem a atteint la finale au terme d'un parcours XXL, durant lequel il a notamment éliminé le tenant du titre, Jack Draper, dans une partie marquée par une décision arbitrale assez clivante. La grande surprise est venue en demi-finale, où il s'est offert le numéro 1 mondial, Carlos Alcaraz. Une victoire grande, pour ne pas dire facile, face à un Alcaraz sans solution, pris dans les tentacules du jeu de Daniil Medvedev.

Quoi qu'on pense de Daniil, son retour fait du bien au circuit. Après deux années qu'on pourrait qualifier de fantomatiques, durant lesquelles le Russe a erré entre la 8e et la 20e place mondiale, il revient en forme pour jouer les trouble-fêtes dans un équilibre installé depuis bientôt deux ans. On ne l'avait pas vu à ce niveau depuis les deux premières manches de la finale de l'Open d'Australie 2024.

Fils, le Tricolore qui monte… mais qui a encore à apprendre

Plus tôt dans la semaine, le Français le plus en forme du circuit, Arthur Fils, a poursuivi son parcours en s'imposant en huitième de finale face au Canadien Félix Auger-Aliassime. Une victoire en deux petites manches dans un match dominé de la tête et des épaules par le Français. Il retrouvait alors les quarts de finale, stade de la compétition auquel il s'était arrêté l'année dernière. Il était opposé à un adversaire qu'il a déjà affronté à six reprises : Alexander Zverev.

crédits : l'équipe


La marche était toutefois trop haute pour le Parisien, balayé en deux manches par le numéro 3 mondial en moins de deux heures. Une partie durant laquelle il n'a jamais vraiment réussi à faire exister son tennis, tant la qualité de service de Zverev et sa domination dans la diagonale revers l'ont handicapé. Un bilan contrasté pour Arthur : certes, il apparaît comme LE Français capable d'intégrer un jour le top 10 ou de remporter un tournoi prestigieux, et son retour est indéniablement une réussite. Mais pour son deuxième match face à un joueur de calibre élite, il n'aura encore une fois pas existé — je fais ici référence à sa finale à Doha, où il avait sèchement perdu face à Carlos Alcaraz. On ne demande pas à Arthur de remporter ces matchs dans l'instant, mais s'il veut devenir le grand joueur qu'il prétend vouloir être, il va devoir apprendre à hausser encore davantage son niveau de jeu dans ces moments compliqués.

Pour le Français, c'est direction Miami, encore une fois un tournoi où il avait atteint les quarts de finale l'année dernière. Ce seront donc encore 200 points que le Français aura à défendre en Floride. La tâche s'annonce compliquée, et au vu du tirage, il devra affronter en seizième de finale le vainqueur du match entre Alex de Minaur et Stefanos Tsitsipas.

En bref : Ce que vous avez peut-être manqué cette deuxième semaine à Indian Wells

crédits : ATP


  1. Alcaraz tombe enfin : après 16 victoires de rang, le numéro 1 mondial s'est incliné en deux sets face au Russe Daniil Medvedev.
  2. Djokovic / Draper, le banger du tournoi : qu'est-ce qu'il était beau, ce huitième de finale entre deux anciens vainqueurs du tournoi. Jack Draper s'impose au bout du suspense face à un Novak qui aura vendu très chèrement sa peau.
  3. Zverev cale encore contre plus fort que lui : à l'image de ce qu'il fait depuis bientôt deux ans, Alexander Zverev est très fort pour s'imposer contre des joueurs inférieurs, ce qui explique sa régularité. Il a cependant encore affiché un visage très fébrile face à Jannik Sinner en demi-finale, balayé 6/2 6/4 par l'Italien.
  4. Fonseca épate, Tien confirme : les deux jeunes prodiges du circuit ont réalisé une magnifique semaine en Californie avant de buter sur Jannik Sinner. Fonseca aura vendu plus chèrement sa peau en emmenant à deux reprises l'Italien au tie-break… Affaire à suivre à Miami
  5. Les cousins se retrouvent : on avait suivi leur épopée lors du Masters 1000 de Shanghai, Arthur Rinderknech et Valentin Vacherot nous avaient épatés en simple. C'est en double qu'ils se sont illustrés sur ce tournoi, se hissant jusqu'en finale en faisant tomber toutes les paires têtes de série du circuit, avant de s'incliner face à la paire Andreozzi / Guinard.

Note du Tournoi : ⭐⭐⭐⭐

Cap sur la floride dans une deuxième partie demain 🌴🏄🎾


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