Dix-huitième à la dernière édition du Ballon d’Or 2025, élu meilleur joueur de Série A et sacré champion d’Italie avec le Napoli, Scott McTominay connaît un second souffle d’envergure sous la direction d’Antonio Conte. Après de nombreuses années oscillantes chez les Red Devils, le milieu écossais semble enfin révéler l’étendue de son potentiel. Talent caché trop longtemps par un contexte mancunien défavorable ou explosion inexpliquée ? Scott McTominay : portrait d’un espoir ressuscité.
Source : SkySports
L’enfant de Manchester
Le point de départ de l’histoire des Red Devils et du jeune Scott McTominay commence en 2002, alors que le gamin de Lancaster commence à peine à taper dans le ballon, il intègre le club mancunien à l’âge de six ans. Jusqu’à ses 21 ans, l’Anglo-Ecossais suit une formation complète à Carrington et passe tous les différents échelons au sein du club. L’étape la plus importante à savoir la signature en professionnel, met, elle, un peu plus de temps à se mettre en place. Qui d’autre que José Mourinho pour faire plonger McTominay dans le grand bain. De plus en plus convaincant à l’entraînement, le coach portugais le fait entrer en jeu en mai 2017 face à Arsenal, l’Ecossais a 20 ans. Deux semaines plus tard, McTominay honore sa première titularisation en Premier League sous la tunique rouge à Selhurst Park, où Man U s’impose 2 buts à 0 face à Crystal Palace, pour le compte de la dernière journée du championnat. Le moment tant attendu pour l’enfant de Manchester intervient à l’intersaison 2017, où il signe son premier contrat professionnel avec son club formateur, le Special One place sa confiance envers le jeune milieu de terrain en qui il voit du potentiel. Sa première saison est prometteuse : le jeune mancunien participe à douze matches en Premier League et quatre en Ligue des Champions, avec un rôle qui ne cesse de croître au sein de l’effectif Red Devil. Né en Angleterre, Scott McTominay choisit de représenter l’Ecosse, pays natal de son père, et sa saison suffit à lui ouvrir les portes de la sélection pour la première fois face au Costa Rica en mars 2018.
Scott McTominay (à gauche) et José Mourinho (à droite)
Source : Foot D'Avant
L’errance mancunienne, entre frustration et loyauté
Ces débuts en professionnel à Manchester United auraient pu présager un passage marquant (à l’image d’un Ryan Giggs), mais ce ne fut vraiment le cas. Son aventure mancunienne a vacillé entre le bon et le moins bon, tout en n’étant jamais vraiment considéré comme le premier choix. D’abord auteur de deux saisons globalement prometteuses entre 2018 et 2020 sans n’être jamais vu comme “le crack”, McTominay a toutefois eu ses moments de gloire. La première saison qui vient en tête est celle de 2020-2021, où l’Ecossais est beaucoup utilisé (27 titularisations) et participe largement à la belle saison des Red Devils : deuxième en Premier League derrière leurs rivaux Citizens et un parcours en Europa League qui se termine aux portes de la finale. Il réussit à enchaîner avec une année positive lors de l’exercice 2021-2022, où lorsqu’il n’est pas gêné par une quelconque blessure, le milieu de terrain est titularisé quasiment à chaque fois (24 titularisations). Il influe largement dans le jeu de son équipe et contribue une fois de plus au beau chemin des mancuniens en Europa League, qui perdent en finale (où McTominay figure dans le onze de départ) aux dépens de Villarreal. A l’aube de la saison 2022/2023, le jeune mancunien a pris en maturité et tous les supporters attendent désormais de l’Ecossais la véritable explosion. Mais il n’en est rien. Le Red Devil enchaîne deux saisons en dents de scie sous la houlette d’Erik Ten Hag, où il devient plus un homme de banc qu’autre chose. Par ailleurs, cette mauvaise période est marquée par de nombreuses blessures qui l’empêchent d’être régulier dans ses performances. Ces deux années, où le grand écossais n’est que rarement convié dans le onze de départ, pèsent sur le moral du joueur. Vient alors l’été 2024 : Scott McTominay, déçu des résultats mancuniens et s’estimant trop peu considéré par Erik Ten Hag, souhaite partir.
McTominay lors de son doublé victorieux face à Brentford en seulement trois minutes la saison dernière
Source : The Telegraph
La renaissance napolitaine
Acheté pour la somme d’environ 30 millions d’euros, son arrivée à Naples n’a pas fait grand bruit dans la sphère footballistique italienne. Pourtant, le président De Laurentiis prend un risque en déboursant autant d’argent pour un joueur talentueux certes, mais qui n’a jamais réellement prouvé sa régularité sur plusieurs saisons au très haut niveau. D’autant plus que l’enfant de Manchester n’a jamais quitté son berceau rouge, la question de l’adaptation à un nouveau contexte n’assure pas des résultats immédiats. Pourtant, cela n’a pas semblé perturber Scott McTominay qui réalise une première saison absolument stratosphérique, avec le l’appellation honorifique de “Uomo Scudetto” (L’homme du titre) par les médias italiens. Sous les ordres d’un Antonio Conte qui lui a très vite donné une importance primordiale, Scott McTominay ne se fait pas prier et s’adapte très vite au calcio italien. Il faut aussi dire que les conditions dans lesquelles son entraîneur l’a mis sont idylliques. L’international écossais est utilisé différemment à Naples, davantage comme un numéro 8 (ou 10) avec deux milieux très travailleurs derrière lui (Zambo-Anguissa, Gilmour ou Lobotka) lui permettant de s’exprimer pleinement d’un point de vue offensif. Pari réussi pour le tacticien italien : Scott Mctominay inscrit 12 buts et délivre 4 passes décisives en Serie A (meilleur buteur napolitain derrière Romelu Lukaku à 14 buts), il rentre alors dans l’histoire en devenant le meilleur buteur écossais qu’ait connu la Serie A. Un rendement qui en étonne plus d’un, mais certainement pas son entraîneur : “"Marquer des buts, c'est dans son ADN, Scott est très bon dans ses déplacements vers l'avant, il a la technique, la taille et le physique pour être un buteur". Une saison pleine pour McTominay sur le plan personnel qui lui a valu une 18e place au Ballon d’Or, mais aussi collectivement, puisque le Napoli remporte son quatrième titre de champion d’Italie, le deuxième en trois saisons. L’interrogation de la régularité revient ainsi, et c’est tout l’enjeu de la nouvelle saison des Campaniens et de son homme de fer Scott McTominay.
Scott McTominay et ses trophées de la saison : Scudetto (à gauche) et meilleur joueur de Serie A (à droite)
2025-2026 : Saison cruciale ?
Le début d’exercice est tout aussi probant pour les Gli Azzurri. Encore prétendant au Scudetto cette année avec un début de championnat réussi (premiers ex aequo avec l’AS Roma), toutefois le point noir intervient davantage dans ce que propose les hommes de Conte sur le plan européen. Deux défaites et une victoire pour le moment en phase de Ligue, et une gifle reçue à Eindhoven mardi dernier (6-2), où McTominay s’est encore montré décisif en inscrivant les deux seuls buts de son équipe.
Source : Football Italia
Gare à la saison de la confirmation pour l’Ecossais. Pour le moment, il semble rester sur les mêmes bases que l’année passée, mais la venue d’un certain Kevin De Bruyne pourrait venir modifier l’équation. Recrue star du mercato napolitain, le Belge s’est intégré dans le milieu de terrain italien, forçant l’écossais à se déplacer sur le côté gauche (cela a été le cas lors des quatre premières journées de Serie A), où ses performances ont laissé à désirer. Il est à se demander si la blessure de Kevin De Bruyne, d’une durée de minimum trois mois, ne sera finalement pas libératrice pour McTominay.
Kevin De Bruyne (à gauche) et Scott McTominay (à droite)
Source : Football Italia
Rasmus Hojlund : même destin ?
La venue du géant danois dans les rangs Bleus et Blancs fait automatiquement rejaillir celle de Scott McTominay l’été dernier, tant la similitude de leur cas est forte. Hojlund, lui aussi arrivé en provenance de Manchester United où sa réussite a été mineure : 4 petits buts en 23 titularisations pour l’avant-centre danois en Premier League. En quête d’un contexte différent, l’ancien bergamasque a rejoint les Gli Azzurri en prêt, où ses débuts sont encourageants : 2 buts en 4 matches. L’analogie est toute faite mais la vérité du terrain est autre, en espérant que sa venue en Campanie lancera définitivement sa carrière, comme cela fut le cas pour son ex-compatriote mancunien un an plus tôt.
Source : Football Italia
Esteban Suarez.






